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Article: #SKIPPER, #VENDEE_GLOBE
Publié le: 15/05/2024
Jean le cam, 6 Vendée Globe en mode économie!
Jean Le Cam, est cette année sur le point d'être le premier marin à prendre le départ du Vendée Globe pour la 6ème fois consécutive. Il partageait le précédant record de 5 participations à la suite avec Alex Thomson qui avait également pris le départ de toutes les éditions de 2004 à 2020. Jean le Cam fait aussi parti des 2 skippers, avec Arnaud Boissière, à avoir terminé 4 Vendée Globe. Sur ses 4 tours du monde en solitaire, sa moins bonne performance est une 6ème place en 2016.
Avec un tel palmarès, tant de records une telle longévité, d'aucun pourrait croire que Jean Le Cam est très présent sur le circuit Imoca. Pourtant, à y regarder de plus près, comparativement à ses camardes de Classe, Jean Le Cam est loin d’être le plus engagé.
Qualification pour 2024: Service minimum
Face au nombre grandissant de projets, l'organisation du Vendée globe a mis au point des règles de qualification pour sélectionner les participants et limiter leur nombre à 40. Force est de constater que Jean Le Cam a su (volontairement ou par opportunisme) utiliser à son avantage les moindres "bouts" de ce règlement.
Il met à l'eau son bateau neuf fin 2023 et s'engage dans un convoyage express vers Fort-de-France. Il prend le départ de la course Retour à la Base 6 jours après tous les autres concurrents. Il devient ainsi le 13ème bateau neuf à prendre le départ d"une course. Il valide donc la participation de son bateau sans nécessité de faire la course aux milles. Il prend cette 13ème et dernière place à la barbe de Phil Sharp et son Imoca Ocean's Lab, qui était dans le même tempo que Jean, mais qui à du rebrousser chemin lors de son convoyage suite à un souci technique. Cela conduira Phil Sharp à renoncer à son projet de Vendée Globe 2024.
Arrivé bon dernier à Lorient, Jean profite d'une interprétation assouplie de la règle des 150% de temps de course. En effet, pour valider sa participation, un candidat du Vendée Globe doit notamment terminer une course dans un temps inférieur à 150% du temps du vainqueur. Suite à une météo très défavorable au départ de la transat Jacques Vabre, certains skippers risquaient de ne pas arriver a temps pour le départ officiel du Retour a la base (la ligne restant elle ouverte 6 jours). Pour ne pas pénaliser les skippers qui passeraient potentiellement la ligne après les autres, la direction de course du Vendée Globe à édité une note précisant que le temps retenu pour la règle des 150% sera le temps de parcours effectif après le passage de le ligne de départ par le concurrent. Cette précision prévue pour les participants de la transat Jacques Vabre aura finalement profité uniquement a Jean le Cam.
Dernière condition a satisfaire, prendre le départ d'une course en 2024. Ce sera chose faite avec sa participation à la Transat CIC qu'il abandonnera très rapidement pour raisons personnelles.
Jean Le Cam est donc assuré de sa qualification au Vendée Globe en ayant été le dernier a mettre son bateau à l'eau et en finissant une seule course Imoca depuis son dernier Vendée Globe.
Un candidat peu actif entre chaque Vendée Globe.
Depuis deux ou trois éditions, les projets des skippers se structurent. Programmes sur plusieurs années, alternant entraînements, courses en solitaire, courses en double ou en équipage, périodes de chantier d'amélioration et de fiabilisation, avec en ligne de mire le Vendée Globe.
Jean le Cam est, à contre courant de cette mouvance. Depuis son premier Vendée Globe, il n'a participé qu'à deux courses en solitaire en Imoca: la route du rhum en 2006, avec une belle 2ème place et Retour a la base en 2023, impératif pour sa qualification.
Le reste de ses participations en classe Imoca en 20 ans, ce sont une douzaine de courses en double ou en équipage, dont 5 transat Jacques Vabre. Sur une majorité de ces courses il ne les courre pas sur son propre bateau mais en tant que co-skipper, notamment en 2014 sur le Cheminées Poujoulat de Bernard Stamm avec qui il termine 1er de la Barcelona World Race. Cela contraste fortement avec les autres skippers qui courent en moyenne 3 courses par an, alternant solitaire et équipage sur des parcours océaniques ou côtiers.
Minimalisme contraint ou volontaire?
On peut s'interroger sur ce décalage dans la manière d'aborder un Vendée Globe. Est-ce une volonté de limiter ses engagements ou une réelle difficulté économique ?
Entre budget de fonctionnement annuel, coût de l'entretien d'un Imoca, droits d'inscription aux différentes courses, la tenue d'un programme structuré et régulier nécessite de bons soutiens financiers. A ce jeu là, malgré son engagement et son palmarès honorable Jean le Cam n'est pas le mieux loti. Il a souvent fait part de ses difficultés à trouver des sponsors pour l'accompagner dans ses projets sur le long terme. Projets qui, force est de constater, ne doivent pas être les plus gourmands en ressources du plateau Imoca.
Mieux accompagné peut être aurait-il fait plus?
6 participations, 4 bateaux.
Signe supplémentaire du coté minimaliste de Jean Le Cam, par deux fois il a utilisé le même bateau sur 2 éditions consécutives. En 2004 et 2008, avec son Bonduelle, un plan Lombard de 2004. Puis en 2016 et 2020, avec le Foncia de 2007 plan Farr. C'est d'ailleurs ce dernier bateau qui à été transmis par Jean, doyen du Vendée Globe, à la benjamine Violette Dorange.
Pour 2024 Jean repart avec un bateau neuf, mais encore une fois à contre courant, puisqu'il s'agit d'un bateau à dérives contrairement à la majorité des projets neufs qui depuis 10 ans développent les foils. Ce nouvel Imoca, dont les plans sont signés David Raison, à été co-développé par Jean Le Cam et Eric Bellion. Deux exemplaires ont été produits au chantier Persico en Italie.
Souhaitons que sa grande expérience et ses choix raisonnables dans la conception de son bateau, en dépit du peu de pratique à son bord, lui permettent de boucler son 6ème Vendée Globe dans les 10 premiers